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RESUME HISTORIQUE |
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PRÉHISTOIRE
Les plus vieux indices d’occupation humaine découverts dans la commune d’El Ejido datent d’environ 5000 ans. On peut en déduire l’existence d’un village sédentaire, dont l’économie était fondée sur l’agriculture et l’élevage. Bien que les vestiges ne permettent pas de conclure formellement l’ignorance de la métallurgie, ils montrent une similitude avec les civilisations pré-métallurgiques du sud-est, premettant d’estimer l’établissement du village vers le début de l’époque ayant recours à cette technique.
Il n’y a pas de doute quant à la phase chronologique suivante : il s’agit de l’âge du bronze, et plus précisément de la première étape de la « Culture de Los Millares », datée à Ciavieja par la méthode du carbone 14 autour de l’an 2694 av. J.-C. De cette période, on a retrouvé les restes de plusieurs logements de forme ovale, bâtis sur un socle en pierre présentant des trous où venaient se loger des poteaux destinés à soutenir la toiture. On décèle également de nombreux fragments de céramique, de typologie et de fonctionnalité variée, en plus de preuves manifestes d’activité métallurgique.
Après une occupation de 600 ans, pendant laquelle les couches archéologiques s’accumuleront jusqu’à former un tell ou colline artificielle, cette civilisation connaitra son déclin, déteclable grâce à un phénomène technologique caractéristique : le vase campaniforme. La culture campaniforme se développera dans le sud-est de la péninsule Ibérique entre les années 2050 et 1800 av. J.-C. Les fouilles mettent en évidence une faible densité d’occupation du lieu pendant cette période.
A l’image du reste du sud-est de la péninsule Ibérique, vers la fin de cette période, de nouveaux modes de vie et de nouvelles relations sociales se consolident progressivement à Ciavieja. En définitive, une formation sociale avec des paramètres différents à ceux de l’âge du bronze. C’est l’aube de la dénommée « Culture de El Argar ». A Ciavieja, l’adoption de ces nouveaux comportements culturels se fait de manière naturelle et ne suppose pas une nouvelle interruption. Bien que les excavations ont confirmé l’existence d’un village argarique à Ciavieja, on ne dispose pas, à l’heure actuelle, d’informations suffisantes pour évaluer la nature de ce village. De nombreux restes céramiques typiques de cette culture et surtout deux tombes individuelles d’inhumation, contenant certaines richesses, situent ces communautés à Ciavieja, à Loma de la Mezquita et à Chozas de Redondo.
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ANTIQUITÉ
Lors du déclin de la culture de El Argar autour de l’an 1300 av. J.-C., le village de Ciavieja est abandonné, et il faudra attendre le Vème siècle av. J.-C. pour que les populations ibériques et phénico-puniques occupent à nouveau le lieu.
Selon les responsables des recherches, la civilisation phénico-punique de Ciavieja proviendrait du village voisin Abdera (l’actuelle Adra), fondé trois siècles auparavant par leurs ancêtres du Proche Orient. Cette civilisation se serait installée à Ciavieja pour exploiter son potentiel agricole. Une autre théorie explique son installation par la politique coloniale agricole de Carthage, à l’image d’autres villages du nord de l’Afrique et du sud de la péninsule.
Sous le sol des constructions phénico-puniques, l’excavation archéologique de Ciavieja a révélé deux cadavres d’enfants en position foetale et sans trésor funéraire. Les chercheurs ont qualifié cette découverte comme étant l’une des plus intéressantes de cette époque, malgré qu’ils ne disposent pas pour le moment d’indices suffisants pour attribuer son origine à un sacrifice de type rituel, fréquent sur tout le littoral méditerranéen.
Rome et Carthage s’affronteront en 218 av. J.-C. pour le contrôle de la Méditerranée. C’est la deuxième guerre punique. Ce conflit, qui évaporera définitivement la domination phénico-punique de la péninsule Ibérique, se traduit dans notre région par l’entrée de Ciavieja dans l’orbite de la République romaine.
Nous ne possédons pas encore de données archéologiques sur la ville de Murgi lors de l’époque républicaine, bien que l’on puisse supposer que l’une des premières conséquences de la romanisation fut l’augmentation de la population, en provenance de villages comme Cerrón de Dalías. Cela faisait partie de la stratégie de Rome, qui cherchait à dépeupler progressivement les oppida ou fortifications ibériques pour deux raisons : d’une part, pour inciter à l’exploitation de nouveaux territoires agricoles, et d’autre part bien qu’en moindre mesure, pour réduire le risque que celles-ci représentaient. Ce processus a également été observé dans le reste de l’actuelle commune d’El Ejido. A titre d’exemple, citons la création d’une villa (grande exploitation agricole) à Onayar, où plusieurs fragments de céramique et des pièces de l’époque républicaine ont été découvertes.
Peu de temps après, Pline l’Ancien écrira que Murgi était la dernière ville orientale de la province de Bétique, à la limite de la province de Tarraconaise. Le territoire de Murgi a donc servi de borne pour la division administrative de l’Hispanie, division réalisée pendant le principat d’Auguste.
Plusieurs décennies plus tard, encore pendant le Ier siècle apr. J.-C., Murgi reçoit le statut de municipium romain, qui implique un haut degré de romanisation et qui a pour conséquence l’attribution de la citoyenneté romaine à ses habitants et d’importantes réformes dans l’administration interne de la ville. L’urbanisme de la ville reflètera cette profonde romanisation : l’épigraphie révèle la construction de thermes (qui pourraient être enfuies dans le gisement de « Bóvedas de Galianilla ») et peut-être aussi l’existence d’un cirque (la célébration de jeux constatée à Murgi n’indique pas nécessairement la présence d’un équipement fixe). Bien que cela doit encore être vérifié, il est possible que la structure urbaine reproduisait le prototype orthogonal romain, sans écarter toutefois les autres modèles, y compris celui d’un ensemble de villages relativement dispersés sur une grande superficie de terrain. Ce qui est certain, c’est que la ville excédait la superficie du site archéologique de Ciavieja, et occupait une partie de l’actuel centre ville d’El Ejido vers le nord et vers l’ouest. La nécropole était située à l’est et au sud de la ville, à quelques 200 mètres de distance. Plusieurs tombes ont été découvertes dans la rue principale d’El Ejido et près du domaine agricole Haza del Oro. L’ensemble formé par le Daimún (mausolée édifié vers la fin du IIIème siècle) et les tombes annexes peut ne pas avoir de relation directe avec la ville de Murgi, mais bien avec une villa proche de celle-ci, d’époque ultérieure.
La paix relative instaurée par l’empereur Auguste contribuera à la prospérité économique de l’Empire pendant les deux premiers siècles de notre ère. Murgi n’était pas une exception : on y constatera un développement plus soutenu de l’agriculture, ainsi que l’exploitation des ressources minières de la Sierra de Gádor et des ressources marines, avec les usines de salaison de Guardias Viejas. Les baies naturelles, comme celle de Guardias Viejas, étaient aménagées en ports maritimes pour garantir l’activité commerciale et l’exploitation des ressources marines.
Le IIIème siècle sera témoin de l’origine du déclin économique de l’Empire, qui se ressentira également à Murgi. Les villes commencent à perdre du poids en faveur des villae rusticae. C’est à cette période qu’appartient la demeure partiellement découverte lors des fouilles archéologiques de Ciavieja. Elle abritait le mosaïque inspiré du dieu Bacchus, qui à l’heure actuelle est exposé dans le musée d’histoire d’El Ejido.
On ignore jusqu’où la crise économique a pu altérer la vie à Ciavieja, mais les villae comme celle de Onayar, Cortijo Rempuja, Tarambana ou encore celle qui est à l’origine de la nécropole du Daimún ont probablement connu leur essor dans ce contexte d’évolution vers la vie rurale. Une brève intervention archéologique a mis en évidence la présence humaine à Onayar depuis l’époque républicaine, bien que c’est à partir du IIIème siècle, et surtout du IVème, que ce lieu deviendra un village important, associé à des travaux agricoles et industriels (élaboration du verre). Ce site est particulièrement intéressant pour l’étude de la difussion du christianisme dans le sud de la péninsule Ibérique. L’existance probable d’une basilique du christianisme ancien y est mentionnée à plusieurs reprises, ce qui suffit largement pour conférer à ce lieu sa spécificité par rapport aux autres gisements archéologiques de la commune.
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MOYEN ÂGE
A la fin du Vème siècle, la chute de l’Empire romain consolide la monarchie wisigothe en Hispanie. On ignore les conséquences de l’occupation wisigothe sur la population de Murgi car les fouilles de Ciavieja n’ont encore rien dévoilé à ce sujet. On sait par contre avec certitude que le port de Guardias Viejas est resté actif pendant les deux siècles de domination wisigothe (y compris pendant la brève colonisation byzantine), ce qui signifie d’autre part que l’actuelle commune d’El Ejido avait une population, majoritairement de caractère rural, autour d’un centre urbain amoindri encore situé sur l’emplacement original de Murgi.
Au début du VIIIème siècle, une nouvelle situation voit le jour dans cette région et dans la majeure partie du territoire péninsulaire : l’occupation musulmane. La domination islamique de la Basse Alpujarra marque une rupture par rapport aux systèmes territoriaux hérités de l’Antiquité. Comme dans d’autres régions proches du littoral, la population s’éloigne de la côte et s’installe à l’intérieur des terres. La majorité des anciennes villas de l’Empire romain tardif et le site de Ciavieja (l’ancienne ville de Murgi) sont dépeuplés au profit de la vallée fertile de Dalías, qui voit accroître sa population.
Les actuelles communes d’El Ejido et de Dalías formaient un de ces territoires élémentaires (le yûz de Dalías), organisé autour d’une forteresse située à Algízar (Celín). Le milieu géographique permettait une économie diversifiée : l’agriculture dans la riche vallée de Dalías, les activités pastorales et céréalières à El Ejido, peut-être aussi la pêche à Balerma, et l’exploitation du sel, constatée pendant la gouverne nasride.
La population se concentrait donc dans la vallée de Dalías. Les indices islamiques sont rares sur l’actuel territoire d’El Ejido, probablement dû au risque que supposait la proximité de la mer et la pénurie d’eau potable. Les textes arabes témoignent de l’importance de l’élevage et de la culture de la soie, mais aussi de l’insécurité des côtes.
La grandeur relative des vestiges découverts dans la commune de Dalías contrastent avec l’humilité du patrimoine de Al-Andalus à El Ejido. A l’exception d’un gisement plus que douteux (près de Guardias Viejas, et présumablement aussi à Balerma, du fait de son toponyme) et d’une nécropole de laquelle il ne reste plus rien à l’heure actuelle (« nécropole médiévale de Santo Domingo »), les seuls vestiges sont quelques aljibes (réservoirs d’eau souterrains), témoins de son passé pastoral à l’époque médiévale. Certains de ceux-ci présentent encore sur leurs murs intérieurs les habituels graffitis de symbologie religieuse, réalisés par les chrétiens sur les ouvrages hydrauliques d’origine islamique après la Reconquista ou plus probablement après la répression de la rebellion morisque des Alpujarras.
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TEMPS MODERNES
Les capitulations signées en décembre 1489 modifièrent une situation qui avait duré huit siècles : le territoire de l’actuelle province d’Almeria passera pacifiquement sous l’autorité de la couronne de Castille.
Malgré l’empressement de repeupler la région de chrétiens, 90% de la population sera morisque jusqu’en 1568. Leur situation s’était cependant tant déteriorée que les habitants de la Alpujarra se révoltèrent et prirent les armes, marquant le début de la Révolte de la Alpujarra, rebellion qui sera gagnée par l’armée de Philippe II d’Espagne. La défaite des insurgés culmine en 1570 avec l’expulsion des morisques habitant le Royaume de Grenade. Ce moment marque la fin de la société islamique à Almeria. L’expulsion laissera un énorme vide de population : les terres ne sont plus cultivées par manque de paysans et la crise économique devient dramatique, malgré les mesures prises pour repeupler ces territoires d’anciens chrétiens.
La taha (district administratif) de Dalías, qui depuis l’époque islamique comprennait le territoire des actuelles communes d’El Ejido et de Dalías, relèvera directement de l’administrative royale (contrairement aux autres régions, attribuées à un noble). Les premières années, la majorité de la population était morisque, mais à la suite de la déportation de 1570, le territoire connait une brusque chute de population, qui entraînera des répercussions négatives sur l’économie. Le repeuplement de la région prévoyait l’arrivée de 100 anciens chrétiens, élevant alors la population à 400-500 habitants.
La nouvelle population habite encore à Dalías, mais grâce à elle, la production agricole reprend dans la zone de la « campagne », comme était dénommé à l’époque l’actuel territoire d’El Ejido, sans que l’activité pastorale ne diminue pour autant (en hiver, El Ejido était un lieu de pâturage, fondamentalement pour le bétail venant d’ailleurs).
Les chrétiens, moins experts que les musulmans dans l’art de l’irrigation, intensifieront la culture de céréales à proximité des bassins naturels. Ces derniers ne recevaient l’excédent en eau de la vallée de Dalías que de façon sporadique, c’est pourquoi les aljibes parsèmeront à nouveau le paysage de l’époque. Non seulement on récupèrera ceux de l’époque médiévale, mais on en construira d’autres, témoignant du développement des routes pastorales pendant la période moderne.
Outre les aljibes, les fortifications côtières sont le fer de lance du patrimoine de la période moderne. Bien que les premières tours de défense datent de la fin du Moyen Âge, quand le Royaume de Grenade était encore sous domination islamique, la recrudescence du danger après sa reconquête par les Rois catholiques entraînera de nouvelles édifications.
Pendant l’Époque moderne, les monarques espagnols adopteront différentes initiatives, plus ou moins efficaces, pour réduire les risques : la division administrative du littoral, la construction et restauration de forts, les garnisons militaires permanentes, etc. Mais ce sera Charles III d’Espagne qui agira le plus énergiquement en faveur de la défense de la côte, moyennant la promulgation en 1764 d’un règlement régulant l’édification de nouvelles places fortes, la garnison humaine, la structure administrative du territoire et l’actualisation des plans précédemment abandonnés. C’est dans ce contexte que le château de Guardias Viejas sera construit.
Le château de Guardias Viejas n’est pas la seule fortification érigée sur le littoral d’El Ejido : le château de Malerva (Balerma) et la tour de la Guardia Vieja, qui de nos jours ont lamentablement disparu, la tour de Balerma, en bonnes conditions, et les tours de las Entinas et de Cerrillos, aujourd’hui très détériorées, datent toutes de cette époque.
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